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"Lumières quantiques sur la conscience"

Un article de Jocelin MOrisson dans la revue Nexus

"La conscience serait la réalité primordiale et l’espace-temps une projection nécessaire à notre réalité incarnée" : l’article de Jocelin Morisson, publié dans la revue Nexus, synthétise avec brio et clarté les interventions des physiciens quantiques au colloque de Paris, le 11 mai 2013. De l’analyse veille/sommeil à la connexion au champ des possibles, les 5 physiciens présents ont dévoilé leurs perceptions complémentaires de la nature de la conscience.

Journaliste scientifique, Jocelin Morrisson s’intéresse depuis une quinzaine d’années aux thèmes de recherche alternatifs. Son dernier ouvrage, paru en 2013, s’intitule : Intuition et 6è sens (éditions de la Martinière).

Le blog de Jocelin Morisson sur la transformation
de notre vision du monde

Plus d’information sur le livre Intuition et 6è sens

Le 11 mai dernier, l’Université interdisciplinaire de Paris, avec le soutien de la fondation Denis Guichard, a organisé le colloque international Pour une approche quantique de la conscience qui a réuni 5 des plus grands physiciens ayant développé des approches originales de l’interaction entre physique quantique et conscience.

Dans son introduction au colloque, Jean Staune, philosophe des sciences, exprimait qu’il existe deux grandes façons de relier physique et conscience :

-  soit "les mécanismes quantiques peuvent créer la conscience",
-  soit "la conscience est une composante fondamentale de l’univers, elle se sert de la physique quantique pour se manifester dans notre monde.
Les positions que nous entendrons tout au long de la journée naviguent entre ces deux extrêmes."

Dans son article paru dans Nexus (sept.-oct. 2013), Jocelin Morrison crée le lien entre les interventions de ces physiciens, pas toujours accessibles aux plus néophytes…

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Vous pouvez aussi acheter ce numéro de Nexus en kiosque jusqu’à fin octobre.

Extrait de l’article

"Le réel prend le voile
Nous acceptons sans difficulté l’idée qu’une abeille ou un autre insecte ne voie pas le monde tel qu’il est vraiment, mais tel que ses sens lui permettent de le percevoir, à travers certaines longueurs d’onde auxquelles son appareil sensitif est sensible. Mais il nous est difficile d’admettre la même chose en ce qui nous concerne. Nos sens et notre cerveau sont si "sophistiqués" que nous pensons voir le monde tel qu’il est vraiment, "en soi".

Pourtant, le même raisonnement s’applique intégralement à nous-mêmes, et des philosophes tels que Kant y ont profondément réfléchi. Nous ne percevons pas la réalité elle-même, mais bien notre relation à une réalité dont nous sommes pleinement partie prenante. Le physicien et épistémologue Michel Bitbol a consacré un ouvrage remarquable à cette question voici quelques années (De l’intérieur du monde), et le physicien russe Andrei Grib, lui aussi présent au colloque de Paris, n’en pense pas moins. Tout comme Bernard d’Espagnat, nombreux sont donc les savants qui reconnaissent aujourd’hui que le réel est voilé.

C’est pourquoi Andrei Grib travaille sur une nouvelle logique permettant de réconcilier les observations du monde subatomique, régi par une logique non binaire, et le monde à notre échelle, qui répond à une logique binaire : par exemple, une porte ne peut être qu’ouverte ou fermée, il n’y a pas de demi-mesure. Mais cette logique est inapplicable à la particule, photon ou électron, qui passe par deux fentes à la fois dans "l’expérience des fentes de Young", alors qu’elle devrait passer par I’une ou par I’autre. La particule est donc "à la fois" onde et corpuscule, ce qui revient à dire qu’elle est "l’une ET l’autre", mais aussi "ni l’une ni l’autre" puisqu’elle est fondamentalement d’une autre nature qui se présente soit sous une forme, soit sous I’autre... selon la façon dont nous l’observons. Nous avons donc besoin d’une logique non plus à deux, mais à quatre valeurs (vrai, faux, vrai et faux, ni vrai ni faux).

L’information relie la matière à la conscience
Grib applique sa réflexion au fameux problème esprit-cerveau, qui se traduit par l’interaction de deux réalités différentes : une réalité psychologique (pensées, émotions, sensations, etc.) et une réalité physique (espace, énergie, potentiel électrique, etc.). Le lien entre ces deux réalités n’est autre que la notion d’information. La réalité quantique n’est pas constituée d’objets matériels, mais seulement de I’information que nous pouvons extraire sur notre relation aux objets considérés. De même, notre activité consciente se réduit à de l’information : ce que nous pensons, ce que nous ressentons, etc. Ce "réductionnisme" autour de la notion d’information apparaît ainsi comme la voie de I’unification ultime entre matière, énergie et conscience..."

Pour en savoir plus sur le colloque du 11 mai 2013

Le programme et les intervenants

Introduction au colloque par Jean Staune et Anne de Constantin

Extrait de intervention d’Antoine Suarez

Extrait de l’intervention d’Emmanuel Ransford

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