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Un communiqué de presse du CRIIGEN

Le principal herbicide du monde contient des substances plus toxiques que prévu

A travers l’étude de 9 herbicides de type Roundup, Robin Mesnage, Benoît Bernay et le Professeur Gilles-Eric Séralini de l’Université de Caen ont prouvé que le composé le plus toxique n’est pas le glyphosate, le plus évalué par les autorités, mais un composé pas toujours mentionné sur les étiquettes appelé POE-15. Il est à craindre, selon ces découvertes, que l’ensemble des toxicités des pesticides existants aient été fortement sous-estimées. Cette nouvelle recherche est publiée dans la revue internationale Toxicology.

Les méthodes les plus modernes au niveau cellulaire (3 types de lignées humaines) et de spectrométrie de masse (études sur la nature des molécules), ont été appliquées pour identifier ce composé et en analyser les effets.

Le contexte

Le glyphosate est le "principe actif" des principaux herbicides du monde, du type Roundup, et des formulations commerciales apparentées. Il est évalué sur mammifères avant autorisation. Mais les liquides dans lesquels il est dilué lors de sa mise en bidon (les formulations), comme tous les pesticides, contiennent aussi des adjuvants secrets classés « inertes » pour stabiliser le principe actif et lui permettre de pénétrer les plantes, comme des détergents corrosifs. Du coup, ces herbicides peuvent affecter toutes les cellules vivantes, notamment humaines. Cela est négligé car on confond souvent le glyphosate et le Roundup, la non-toxicité présumée du premier servant de base aux autorisations du second. Les agences sanitaires et les fabricants d’herbicides à base de glyphosate évaluent à long terme sur les mammifères le glyphosate seul – et non l’herbicide dans sa formulation commerciale-, mais gardent jalousement confidentiels les détails de ces études réglementaires réalisées par les firmes, dont Monsanto, tout comme les agences sanitaires et environnementales.

Conclusion et conséquences

Cette étude démontre que tous ces herbicides à base de glyphosate sont plus toxiques que le glyphosate seul, et explique pourquoi. Leur évaluation et les doses maximales autorisées dans l’environnement et l’alimentation apparaissent donc erronées. Une boisson (comme l’eau du robinet) régulièrement contaminée par les résidus d’herbicides comme le Roundup, ou bien une alimentation à base d’un OGM tolérant le Roundup, comme maïs ou soja transgéniques, ont déjà été démontrées comme toxiques chez le rat dans l’étude récente [1] de l’équipe du Professeur Séralini, qui a d’ailleurs publié les réponses à toutes les critiques [2]. Cette nouvelle recherche explique et confirme en grande partie ses résultats scientifiques.

Mais au-delà, il s’agit d’une grave question de santé publique. Non seulement les autorisations des herbicides de type Roundup doivent être urgemment remises en cause, mais les procédures d’évaluation doivent être totalement revues. Elles doivent être effectuées de façon transparente et contradictoire au sein de la communauté scientifique.

La première étape d’une nouvelle évaluation est la mise en ligne par les agences sanitaires de toutes les données qui ont permis les autorisations et leurs avis positifs sur l’usage du Roundup, les effets sur la santé de ces produits devant être légalement publics.

Les adjuvants de la famille du POE-15 apparaissent maintenant comme de nouveaux principes actifs de toxicité sur les cellules humaines, et doivent être régulés comme tels, c’est-à-dire pris en compte dans les tests de toxicité. Nous appelons à une révision des processus d’homologation des pesticides en vue d’incorporer des tests à long terme sur le pesticide en formulation tel que vendu en magasin et utilisé dans l’environnement. De plus, étant donné que ces composés toxiques confidentiels sont d’un usage très général, il est à craindre, selon ces découvertes, que l’ensemble des toxicités des pesticides existants aient été fortement sous-estimées.

Cette étude a été conduite à l’Université de Caen, avec le support structurel du CRIIGEN. Le CRIIGEN fait partie du Réseau Européen de Scientifiques pour une Responsabilité Sociale et Environnementale (ENSSER www.ensser.org).

Publication : dans Toxicology, 2013, Mesnage R., Bernay B., Séralini G-E. Ethoxylated adjuvants of glyphosate-based herbicides are active principles of human cell toxicity

Contact : criigen@unicaen.fr ; téléphone 02 31 56 56 84. www.criigen.org

Des documents complémentaires

  • Des fermiers aux Etats-Unis vont cesser de planter du blé, du soja et du coton OGM qui s’avèrent procurer des rendements catastrophiques. Les fermiers déplorent la résistance des insectes aux pesticides et des mauvaises herbes aux herbicides. Lisez l’article (en anglais) dans Natural News.com
  • Lisez l’article de l’Académicien Paul Deheuvels, spécialiste en statistique, qui s’insurge contre les méthodes "scandaleuses" utilisées par l’Académie des Sciences pour discréditer l’étude sur les OGM menée par Gilles-Eric Séralini : l’article publié dans Rebelle-Santé

Notes

[1Séralini G. E., et al. (2012). Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize. Food and Chemical Toxicology 50 (11) : 4221-4231.

[2Séralini G. E., et al. (2013). Answers to critics : Why there is a long term toxicity due to NK603 Roundup-tolerant genetically modified maize and to a Roundup herbicide. Food and Chemical Toxicology

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