nom_site_spip
Accueil > Thématiques > Médecines traditionnelles > Dr Lewis Mehl-Madrona : solliciter le guérisseur intérieur

Dr Lewis Mehl-Madrona : solliciter
le guérisseur intérieur

De nationalité américaine, le Dr Lewis Mehl-Madrona est diplômé en gériatrie, en psychiatrie et en assistance familiale. De sang Cherokee pour un quart, un quart Lakota, un quart Ecossais et un quart Québécois, il a su rassembler les connaissances de la médecine occidentale et de la médecine traditionnelle cherokee dans une pratique originale et efficace dont il nous explique les fondements.

Le Dr Madrona est intervenu au 3è Colloque de la Fondation Denis Guichard en mars 2010. Découvrez des extraits de son intervention que vous pourrez lire in extenso dans le livre du Colloque à paraître prochainement.

« Mon histoire a commencé à Mount Vernon, dans le Kentucky. En fait, j’ai grandi dans la culture Cherokee et n’avais pas mesuré que les hommes blancs ne croient pas aux esprits, jusqu’à ce que je sois obligé de m’en rendre compte quand je suis arrivé à la Faculté de Médecine. Ce fut une révélation pour moi lorsque, au cours d’une classe de pharmacologie, le professeur nous a dit que la vie n’était qu’une longue progression vers la mort et n’était faite que de maladies et de décadences…

Les guérisseurs amérindiens travaillent sur la globalité

Le week-end suivant, j’ai trouvé un guérisseur Cherokee avec qui j’ai commencé à travailler. Je travaille avec des guérisseurs traditionnels depuis maintenant 38 ans, ce qui peut sembler long ! J’essaie d’intégrer ce qu’ils m’apprennent à ma pratique et de l’adapter pour que tout le monde puisse en profiter, quelles que soient les croyances et les origines. Il est très important de comprendre que les guérisseurs amérindiens travaillent sur la globalité, comme la médecine chinoise, les médecines indiennes ou la médecine d’autres cultures. Les guérisseurs chez nous ont coutume de dire que toutes les cultures du monde ont cette même tradition de traiter dans la globalité, sauf sans doute en Europe où les gens ont été brûlés au commencement car c’était dangereux d’être guérisseur au Moyen-âge en Europe (…)

J’aimerais vous parler de certaines de nos cérémonies, vous décrire comment elles s’organisent pour que vous puissiez mieux les appréhender. Ensuite, je vous montrerai comment nous travaillons, grâce à ces cérémonies, pour aider des personnes qui sont par exemple atteintes d’un cancer métastasé. Nos cérémonies ont lieu dans un Inipi, en français « une loge de sueur ». Vous en avez de différents styles, de différentes tailles. Nous apportons des pierres brûlantes que nous plaçons au centre de l’Inipi. Puis nous commençons la cérémonie, qui comprend des chants, des prières et une prière notamment pour avoir une vision. Dans le passé, nos Inipis étaient en peau de bison. Comme nous vendons maintenant les peaux de bisons aux touristes, on utilise de vieux pneus rechapés canadiens (…)

Une atmosphère de prière et de méditation très profonde

Dans ce système de guérison, ce sont les esprits qui donnent la réponse. Pendant la cérémonie, la porte s’ouvre à quatre reprises et les moments pendant lesquels la porte vers l’extérieur est fermée s’appellent des « rounds » ou tours. Pour chacun de ces rounds, nous apportons de nouvelles pierres.

Le premier round est destiné aux prières qui sont dirigées vers l’Ouest, à la nation de l’ours, et nous demandons la purification.

Au deuxième round nous honorons le Nord et la nation du bison ; nous demandons force et endurance afin de garder la porte fermée et offrir à chacun le temps de prier. A ce moment-là, nous avons une petite pause où on apporte de l’eau pour ceux qui ont soif.

Ensuite, nous ramenons d’autres pierres et nous avons le round de vision - la réponse des esprits.

Le dernier round est celui au cours duquel nous honorons le Sud, la nation du cerf. C’est le round de l’amour, de la compassion et du pardon. »

 Denis Guichard - Un nouveau regard sur le vivant - Tous droits réservés  - Webmaster : GSC