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Hommage à Jean-Marie Pelt

Par Philippe Courbon

jeudi 25 août 2016

Jean-Marie PELT, une voix, une plume, un jardin !

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Jean-Marie Pelt et Philippe Courbon, le jour des 80 ans de JM Pelt à Metz

Rares sont les personnalités gagnées par la notoriété à savoir garder le cœur et la tête au bon endroit. Jean-Marie Pelt depuis longtemps connaissait la notoriété, et savait distinguer la ferveur d’une conviction, et la modestie de la personne.

Comme conférencier toujours pédagogue et si passionnément conteur, l’homme de radio, chroniqueur sur Co² mon amour sur France Inter, dont la voix chaleureuse était telle celle d’un ami accueilli à la maison pour nous parler du monde.

Comme écrivain environnementaliste le plus prolifique avec plus soixante ouvrages, Jean-Marie Pelt était un expert en écologie et en botanique reconnu, consulté et apprécié pour sa sagesse. Une plume alerte courant sur le papier autant que l’homme sur les routes de France et d’Europe.

Comme homme de foi, de fidélité, tel un passeur il savait, non seulement, se retirer dans son jardin de Lorraine, mais aussi dans le "jardin de l’âme", qui était aussi fleuri et accueillant qu’il était lui-même, le lieu d’une bienveillance envers tous et toute occasion.

L’homme promenait sa silhouette bonhomme, avec le détachement de celui qui sait que tout ne se joue pas dans l’immédiat d’aujourd’hui, mais qui suit son engagement sans se laisser détourner des horizons qui sont ceux qui l’on nourrit et qu’il a choisi de servir.

Tous ses engagements, en son temps à la Mairie de Metz, ou à l’Institut Européen d’Ecologie qu’il a créé dès 1971, ou dans sa ferveur européenne à la mémoire fidèle de Robert Schuman, témoignent de cet esprit de service, et d’un homme dont la vie était assurément consacrée.

Son humour incessant permettait d’aborder tous sujets hautement sérieux avec cette politesse, qui chez lui n’était pas celle du désespoir, mais plus celle de la modestie de son point de vue.

Lorsque l’émerveillement ne déserte pas un être humain durant quatre-vingt-deux ans, il donne à cet être le visage d’un éternel printemps. Tel est le visage de notre Jean-Marie PELT, dont l’esprit toujours en éveil, la curiosité sans cesse réactive alimentait autant le scientifique que l’humaniste dans une empathie toujours immédiate, avec un sourire qui embrasait le monde.

Il nous disait si souvent que le monde manque de "sages", de "savants" et de "saints". Je crois qu’il était les trois !

"Sage", parce que son discernement toujours en éveil est associé à beaucoup de recul lui permettant, comme le disait Marc Aurèle, de "supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre".

"Savant" non seulement parce qu’il est un scientifique, mais plus encore parce qu’il est un chercheur de vérité incessant, avec l’intelligence et l’émerveillement toujours éveillés.

"Saint" au sens "Homme de foi" et Serviteur de la Vie, assurément, échappant aux logiques des compétitions et des dominations, trouvant inspiration dans une foi toute intacte et pleine de fraîcheur, celle du petit enfant.

L’enfant, oui, toujours si vitalement présent en lui. Ce qui ne sous-entendait aucune naïveté. Avec son regard amusé et émerveillé, Jean-Marie connaissait parfaitement les êtres humains, leur grandeur et leur misère, et, dans l’intimité, toujours discrète et bienveillante, il témoignait d’un discernement incessant.

Sa lecture du monde n’était pas enfermable dans l’étroitesse d’un sens, parce qu’elle était nourrie par un regard visionnaire, transversal, humaniste et ample. Son regard désenclavé rejoignait aisément la compréhension d’une jeunesse qu’il aimait à rencontrer, laquelle est demanderesse de valeurs et d’exemplarités en humanité (voir son livre Héros d’humanité). En cela, son oeuvre "trilogique" depuis La loi de la jungle à La solidarité et La raison du plus faible traduit bien le parcours qui devrait être la voie d’une "humanisation" attendue de notre société.

Dans cette civilisation du consumérisme et du "zapping", sauver "la mémoire des mots" est important. Jean-Marie Pelt l’a fait, et il a participé assurément à cette mission de "veilleur" et "d’Eveilleur" des consciences autour la "Civilisation de l’Amour"… si ardemment appelée par un autre grand sage qui nous est un ami commun, Théodore Monod.

Nous pouvons lui dire MERCI de ce qu’il a été et plus encore du Souvenir Indéfectible que nous garderons de lui.

Son ami,
Philippe COURBON
Chargé de Mission du CIIDHUM
24 décembre 2015

Nous sommes toujours orphelins de ceux que nous aimons et qui partent
Mais aussi héritiers de leur compréhension de la vie, de leur humanité
et de leur cohérence à tenter de les servir.

MERCI Cher Jean-Marie !

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